La sonnerie de 18h sonna, assourdissante, du même son que celui d'une cloche qu'on secouerait juste à côté de votre oreille. Luna se leva précipitamment, prit son sac, quitta la salle de français, heureuse d'en avoir terminé. Elle sorti du lycée et se dirigea immédiatement vers le bar, où tout le monde l'attendait sûrement. Elle ouvrit la porte et...
Elle s'assit en face de Soliane. Soliane, c'était la meilleure dessinatrice que Luna avait jamais vu ; elle prenait son temps et elle faisait des dessins de plusieurs styles différents, à mourir de rire ou à pleurer de beauté. D'ailleurs, Soliane elle même était très belle, avec son visage fin, et ses cheveux bruns bouclés, qu'elle recoiffait d'une main gracile lorsqu'ils tombaient sur ses yeux bleus. Pas étonnant que Julie ait tenté plusieurs fois de se mettre avec.
Julie, c'est la blonde qui a toujours un coude sur le comptoir et une bonne dose d'antidépresseurs dans le sang. Non pas qu'elle soit malheureuse, mais elle aime bien le goût. Elle se sent mal sans. Ce qu'elle aime, Julie, c'est écrire : elle pourrait y passer des heures, sur n'importe quel sujet, sur n'importe quel support, tant que ça vient du plus profond de son cerveau.
Le cerveau, ici, c'est Victor. Toujours à répondre rationnellement à toutes les questions, même celles qu'on ne lui a pas posées... Victor n'a jamais bu de sa vie, il ne boira jamais, il n'a jamais fumé de sa vie, ne fumera jamais, et glousse comme un imbécile aux des blagues de Fabien.
Fabien, c'est la fibre musicale du groupe. Celui qui s'amuse à jouer ses morceaux avec les dents. Celui qui est capable de faire des solos qui pourraient faire pâlir des professionnels. Et pourtant, celui qui avait refusé toutes les offres pour entrer dans un groupe. C'était juste un passe-temps. Ses autres passe-temps, c'était l'alcool et les filles. L'alcool parce qu'il le tenait longtemps. Les filles parce qu'il les retenait pas bien souvent. On pourrait le traiter de coureur de jupons, pas comme Benoît.
Benoît, c'est celui qui ne parle jamais, au bout du bar, du haut de ses 1m58. Personne ne savaient si ça le complexait ; personne ne savait si quelque chose le complexait. Lorsqu'on lui posait une question, lorsque Fabien faisait une blague ou que Julie lui faisait les yeux doux, il souriait. Toujours, il souriait. Les seuls témoins de son non-mutisme furent les rares à l'avoir entendu murmurer "Présent" une fois, lors de l'appel de la classe.
<<Tu veux quelque chose ? Demanda le barman à Luna.
- Un diabolo violette s'il vous plaît !
- Ca roule...
- Sinon, Luna, tu vas bien ?...>>
Rapidement, les rires commencèrent à fuser dans le petit bar.
...Couru. Courir, toujours. Ne pas tomber, ils te rattraperaient. Ne pas te cacher, ils te trouveraient. Il ne savait pas comment il était arrivé là, dans cet espèce d'hôpital aux immenses couloir, aux salles occupées par des patients sans vie, et à l'architecture à rendre fou le Minotaure. Il avait peur. Qui n'aurait pas peur ? Il était seul, poursuivi par des dizaines de personnes armées jusqu'aux dents, qui le tueraient s'il s'arrêtait...
Elle s'assit en face de Soliane. Soliane, c'était la meilleure dessinatrice que Luna avait jamais vu ; elle prenait son temps et elle faisait des dessins de plusieurs styles différents, à mourir de rire ou à pleurer de beauté. D'ailleurs, Soliane elle même était très belle, avec son visage fin, et ses cheveux bruns bouclés, qu'elle recoiffait d'une main gracile lorsqu'ils tombaient sur ses yeux bleus. Pas étonnant que Julie ait tenté plusieurs fois de se mettre avec.
Julie, c'est la blonde qui a toujours un coude sur le comptoir et une bonne dose d'antidépresseurs dans le sang. Non pas qu'elle soit malheureuse, mais elle aime bien le goût. Elle se sent mal sans. Ce qu'elle aime, Julie, c'est écrire : elle pourrait y passer des heures, sur n'importe quel sujet, sur n'importe quel support, tant que ça vient du plus profond de son cerveau.
Le cerveau, ici, c'est Victor. Toujours à répondre rationnellement à toutes les questions, même celles qu'on ne lui a pas posées... Victor n'a jamais bu de sa vie, il ne boira jamais, il n'a jamais fumé de sa vie, ne fumera jamais, et glousse comme un imbécile aux des blagues de Fabien.
Fabien, c'est la fibre musicale du groupe. Celui qui s'amuse à jouer ses morceaux avec les dents. Celui qui est capable de faire des solos qui pourraient faire pâlir des professionnels. Et pourtant, celui qui avait refusé toutes les offres pour entrer dans un groupe. C'était juste un passe-temps. Ses autres passe-temps, c'était l'alcool et les filles. L'alcool parce qu'il le tenait longtemps. Les filles parce qu'il les retenait pas bien souvent. On pourrait le traiter de coureur de jupons, pas comme Benoît.
Benoît, c'est celui qui ne parle jamais, au bout du bar, du haut de ses 1m58. Personne ne savaient si ça le complexait ; personne ne savait si quelque chose le complexait. Lorsqu'on lui posait une question, lorsque Fabien faisait une blague ou que Julie lui faisait les yeux doux, il souriait. Toujours, il souriait. Les seuls témoins de son non-mutisme furent les rares à l'avoir entendu murmurer "Présent" une fois, lors de l'appel de la classe.
<<Tu veux quelque chose ? Demanda le barman à Luna.
- Un diabolo violette s'il vous plaît !
- Ca roule...
- Sinon, Luna, tu vas bien ?...>>
Rapidement, les rires commencèrent à fuser dans le petit bar.